When the Unthinkable Happens… / Quand l’impensable survient…

LKeeltyBy Lisa Keelty
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Editor’s note: Lisa Keelty died on March 20, 2017. She was a founding member of CO-ESP. Click here to read her biography.
Note de l’éditeur : Lisa Keelty est décédée le 20 mars 2017. Elle était membre fondatrice de la CO-ESP. Cliquez ici pour lire sa biographie.

I was first approached in December 2012 by Josée Dubreuil about a large and original project for a parrot sanctuary to be developed in the province. Knowing that there was a very real need for a professional and high-quality environment for pet birds to retire with dignity and enrichment within their lives I agreed to help take part in the development of what is now project CO-ESP. Goals and standards were aimed high, along with a sense of community among parrot owners and the public to learn about their proper care in captivity and provide members with options for short or long-term boarding as well as temporary or permanent placement within the sanctuary in case of life-style changes.

Having three parrots of my own, two of them rescues (a Goffin’s cockatoo, bare-eyed cockatoo and severe macaw), and all of them between the ages of 20 and 27, my assumption, like that of many other parrot owners, was that their life span would not exceed my own. Little did I know what life had in store for me.

During the winter of 2013-14 I started to experience bouts of fatigue and occasional days of feeling unwell. I shrugged off the symptoms assuming they were because of the cold winter and being less active due to the weather. I thought that when spring rolled around everything would go back to normal. After no real improvement, in early June just as I was about to punch in at work, my boss told me to take the day off and go to the hospital emergency room to find out what exactly was going on.

Like many Quebecers I did not have a family doctor and only went to walk-in clinics when needed. I walked into the hospital on June 10th guessing I would wait in the emergency room for a few hours, get some blood work done and walk out with a referral to see a specialist. I ended up being hospitalized for four days, enduring five blood transfusions, x-rays, an ultrasound exam, CT scan and other invasive tests. On June 13th I was diagnosed with stage IV colon cancer that had spread to my liver.

What I thought would never happen to me became a reality. I was only 32 years old, worked 7 days a week, was active, ate well, didn’t drink, smoke or take drugs of any kind, and yet I had been walking around for several years with cancer without knowing it. Life took a very drastic turn almost immediately.

I was no longer able to clean the cages of my parrots, let alone spend much time with them. Chemotherapy drained most of my energy for a minimum of 3-4 days every second week where I still spend most of that time in bed or on the couch with each infusion lasting 53 hours. Working was impossible, making my financial situation very tight. Hospital visits occur weekly, if not for more blood work, for seeing the oncologist, treatment, psychologist, surgeons, etc. Surgery is still upcoming in early 2015 where I will have a grueling 2-month recovery after losing 70% of my liver and a part of my colon. Being sick with a potentially deadly disease ended up being a lot of work.

I am however very lucky. My family helps take care of the birds (and other pets), doing most of the cleaning and feeding. I have received incredible support from my family, friends, coworkers and the hospital staff at the Jewish General. I’m one of the lucky patients, I have a chance at being cured within the next 10 years but not everyone is this fortunate.

That is exactly why I feel so strongly about the importance of project CO-ESP. Tragedy can hit anytime, anywhere and makes no distinction between the young or old, men or women, the rich or poor, etc. We make sure our families are taken care of in case of emergencies, and we all have the same responsibility for our pets.

I encourage all parrot owners to help support project CO-ESP in its early stages and not just wait for the final result and completion of it. Knowing that there would be a safe environment for your beloved African grey, amazon, macaw, cockatoo or even cockatiel, whether it be temporary or permanent, greatly eases stress and would give all owners a sense of peace if the day comes that you need to re-home your bird for whatever life throws at you.

You never know when the unthinkable can happen to you. It happened to me, it can happen to anyone.

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Traduction française par Danielle Veyre Piazzoli

C’est en décembre 2012 que j’ai d’abord été approchée par Josée Dubreuil au sujet d’un grand projet pour le développement spécifique d’un sanctuaire pour perroquets dans la province. Consciente du besoin très réel d’un environnement professionnel et de haute qualité qui permettrait aux oiseaux de compagnie de se retirer avec dignité tout en bénéficiant d’un enrichissement dans leur vie, j’ai accepté de participer au développement de ce qui est maintenant le projet CO-ESP. Les objectifs et critères ciblés sont élevés, avec un sens de la communauté parmi les propriétaires de perroquets et le public, visant à informer sur les soins appropriés aux oiseaux en captivité et fournir aux membres des options de pension à court ou à long terme, ainsi que de placement temporaire ou permanent dans le sanctuaire en cas de changement de style de vie.

Je possède moi-même trois perroquets âgés de 20 à 27 ans (un cacatoès de Goffin, un cacatoès à œil nu et un ara sévère) dont deux sont des rescapés, et je supposais, comme de nombreux propriétaires de perroquets, que leur durée de vie n’excèderait pas la mienne. Je ne savais pas ce que la vie me réservait.

Durant l’hiver 2013-2014, j’ai commencé à ressentir des accès de fatigue et, certains jours, je ne me sentais pas bien. J’ai ignoré ces symptômes, supposant qu’ils étaient dus à l’hiver froid et au manque d’activité qui en résultait. Je pensais qu’avec l’arrivée du printemps, tout rentrerait dans l’ordre. Début juin, aucune amélioration n’était en vue. Un jour, alors que j’arrivais au travail, mon patron m’a dit de prendre ma journée et de me rendre à l’urgence de l’hôpital pour déterminer ce qui n’allait pas.

Comme beaucoup de Québécois, je n’avais pas de médecin de famille et j’allais dans des cliniques sans rendez-vous lorsque cela était nécessaire. Je suis allée à l’hôpital le 10 juin en pensant que j’attendrais dans la salle d’urgence pendant quelques heures, qu’on me ferait sans doute une prise de sang et que je ressortirais avec une demande de consultation chez un spécialiste. Cela s’est terminé par une hospitalisation de quatre jours, cinq transfusions sanguines, des radiographies, une échographie, une tomodensitométrie et autres tests invasifs. Le 13 juin, un cancer du côlon de stade IV avec métastases au foie m’a été diagnostiqué.

Ce que je pensais qui ne m’arriverait jamais devint une réalité. Je n’avais que 32 ans, je travaillais 7 jours par semaine, j’étais active, je mangeais de façon équilibrée, ne buvais pas, ne fumais pas et ne prenais aucune drogue, et pourtant je vivais depuis plusieurs années avec le cancer sans le savoir. Ma vie prit un virage radical presque immédiatement.

Je n’arrivais plus à nettoyer les cages de mes perroquets, encore moins à passer du temps avec eux. La chimiothérapie me vidait de presque toute mon énergie pour 3 ou 4 jours au minimum toutes les deux semaines, durant lesquels je passe encore la majeure partie de ce temps au lit ou sur le canapé, chaque perfusion durant 53 heures. Travailler était impossible, rendant ma situation financière très serrée. Je dois aller à l’hôpital toutes les semaines, que ce soit pour une prise de sang, voir l’oncologue, subir un traitement, voir le psychologue, des chirurgiens, etc. Mon opération est prévue pour début 2015, et ensuite un rétablissement long et difficile m’attend, après l’ablation de 70 % de mon foie et d’une partie de mon côlon. Il s’est avéré qu’être atteinte d’une maladie potentiellement fatale représente un travail énorme.

Cependant, j’ai de la chance. Ma famille m’aide à prendre soin des oiseaux (et autres animaux de compagnie), s’occupant de presque tout le nettoyage et de leur alimentation. Je reçois un soutien incroyable de ma famille, de mes amis, de mes collègues et du personnel de l’Hôpital général juif. Je fais partie des patients chanceux, je peux être guérie d’ici les 10 prochaines années, mais ce n’est pas le cas de tout le monde.

C’est exactement la raison pour laquelle le projet CO-ESP est si important à mes yeux. Une tragédie peut frapper à n’importe quel moment, n’importe où, et ne fait pas de distinction entre les jeunes et les vieux, les hommes et les femmes, les riches et les pauvres, etc. Nous nous assurons de prendre des dispositions pour nos familles en cas d’urgence, et nous avons tous la même responsabilité envers nos animaux de compagnie.

J’encourage tous les propriétaires de perroquets à soutenir le projet CO-ESP dès maintenant plutôt que d’attendre le résultat final et son achèvement. Savoir qu’il y aurait un environnement sûr pour votre bien-aimé gris d’Afrique, amazone, ara, cacatoès ou même perruche calopsitte, que ce soit temporairement ou de façon permanente, réduirait considérablement le stress et donnerait à tous les propriétaires un sentiment de paix en cas d’événement imprévu les obligeant à trouver un nouveau foyer pour leur oiseau.

On ne sait jamais quand l’impensable peut survenir. Cela m’est arrivé à moi : cela peut arriver à n’importe qui.

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