Au secours !

Paul Versailles et BabiPar Paul Versailles

Note : Cet article a été remanié à partir d’un texte que l’auteur avait fait paraître dans la revue Traits de plumes (vol. 17 no 4, 2011) publiée par l’AQAP (Association québécoise des amateurs de perroquets).

La vie est drôle et nous surprend lorsqu’on s’y attend le moins… Par exemple, un certain dimanche d’août 2011 devait être normal et ce qu’il y a de plus banal : quelle erreur !

Le matin, ma femme et moi recevons un appel de PerroquetSecours pour une perruche calopsitte « perdue » qui a abouti dans le garage d’une dame : nous agissons comme maison d’accueil pour cet organisme et on nous prie de prendre l’oiseau en transit chez nous.

Comme je dois rendre visite à ma mère, nous convenons qu’en sortant de là, je passerai ramasser l’oiseau, et hop à la maison. Nous préparons donc notre cage d’appoint et me voilà prêt.

La dame qui a trouvé la calopsitte a indiqué que l’oiseau est doux et docile et qu’il se réfugie sur son épaule pour se coller dans son cou, donc ce sera simple de le prendre et de le ramener. Je localise sa maison et arrive avec ma cage. Celle que nous appellerons « Mme X » m’attend : la perruche, superbe dans les teintes de gris et de blanc, est perchée sur le rail de la porte électrique du garage et émet des petits cris à notre vue.

Je lui parle et essaie de la persuader de venir à moi en lui montrant de la nourriture ; elle est peu intéressée et semble très à l’aise sur son perchoir. Alors je décide d’aller la ramasser au doigt. Elle se sauve dès que je l’approche, malgré mes sons rassurants et ma lenteur délibérée. J’en conclus que c’est un oiseau de femme peu habitué aux hommes…

Mme X s’essaie à son tour, mais sans succès. Nous élaborons donc une stratégie : comme la perruche a l’habitude de se poser sur la tête de Mme X, celle-ci va ensuite approcher sa tête de l’ouverture de la cage et persuader l’oiseau d’y entrer. L’oiseau se pose effectivement sur sa tête sans problème, mais il n’est nullement disposé à entrer dans la cage malgré le fait que je me poste derrière lui pour l’inciter à y pénétrer. Après de nombreux essais, mon assurance commence à diminuer…

Cependant, Mme X est toujours confiante en mes talents et soutient toutes mes initiatives (merci Mme X). Je décide donc de tenir l’oiseau occupé et en vol pour vaincre sa ténacité ; ça fait maintenant presque 30 minutes que nous tentons nos meilleurs efforts en vain. Cette tactique d’épuisement commence à porter fruit : après un certain temps, l’oiseau se pose sur la cage, puis sur moi, mais il faut le maintenir déséquilibré afin d’augmenter nos chances de succès. Il est toutefois toujours impossible de le faire monter sur la main et il devient évident qu’il va falloir modifier notre stratégie si nous voulons en venir à bout.

Après un autre quart d’heure, je décide d’essayer autre chose, car l’oiseau est de plus en plus nerveux et s’envole aussitôt que j’approche. Je tenterai donc de l’attraper avec une serviette lorsque Mme X s’approchera de la cage avec l’oiseau sur la tête. La théorie et la pratique sont très différentes et les résultats pas toujours ceux escomptés : l’oiseau se sauve à gauche, puis à droite, puis par-dessus ; enfin nous ne sommes pas maîtres de la situation et le temps passe.

Finalement, en désespoir de cause, je demande à Mme X (une vraie sainte !) d’aller s’accoter la tête dans le coin de la pièce et je m’essaie plusieurs fois avant de finalement attraper l’oiseau avec la serviette et le déposer dans la cage. Ouf !, nous nous félicitons de notre succès et nous nous préparons à nous rendre à ma voiture pour le retour.

Mme X décide de sortir par la porte de garage et active le mécanisme d’ouverture. J’avais une prémonition que ce ne serait pas une bonne idée, mais avant que je ne puisse l’exprimer, la porte s’ouvre dans une cacophonie de sons qui déclenche les événements suivants : l’oiseau panique et se débat dans la cage, fait tomber le support d’une mangeoire et se dérobe avant que je ne puisse réagir, sortant de la cage par l’ouverture ainsi créée. Dans ma hâte face à cette situation, j’échappe la cage vide qui se fracasse en pièces ; l’oiseau vole dans le garage avec la porte ouverte et je crois que le fait que je sois entre lui et la porte l’empêche de sortir, mais le calme de Mme X y est sûrement pour quelque chose, car l’oiseau se pose à nouveau sur sa tête. Dieu merci, Mme X conserve son sang froid et actionne la fermeture de la porte, l’oiseau demeurant sur sa tête.

Enfin, la catastrophe a été évitée de justesse, mais la cage gît sur le plancher de béton, complètement brisée. Apercevant une roulette de ruban adhésif d’électricien (noir), je décide d’essayer de la remettre en état de service dans le seul seul but de ramener l’oiseau à la maison où nous pourrons alors trouver une solution plus permanente.

Je réussis lentement à incorporer les morceaux pour aboutir avec une cage très fragile et très temporaire. Cet ouvrage prend de 15 à 20 minutes : pendant tout ce temps, Mme X reste sans bouger avec l’oiseau sur la chevelure alors que celui-ci prend plaisir à lui picorer la tête. Finalement, le résultat est acceptable. Mme X se remet dans le coin et, après quelques essais, je ré-attrape l’oiseau et le remets dans la cage : je dois utiliser le ruban adhésif pour fermer la porte (voir les photos de la cage rafistolée ci-dessous).

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Encore un gros OUF pourvu d’émotions…

Dès notre arrivée à la maison, voyant l’ampleur des dégâts, ma femme s’empresse d’aller acheter une cage pour le nouveau pensionnaire. En quelques heures, notre « cockatiel » est complètement adapté à son nouvel environnement. Il se pose sur nous et se laisse prendre à la main, a très bon caractère et nous laisse savoir qu’il apprécie notre compagnie en lançant des petits cris lorsque nous le quittons. Il ne me tient aucune rancune pour le périple qu’il a subi…

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La morale de cette histoire : lorsque vous pensez que ce sera facile, méfiez-vous !

P.-S. : Adoptée peu après sa période de transit, cette perruche calopsitte était toujours en vie et bien portante en 2015. D’abord nommée « Alice » par sa maison d’adoption, elle a ensuite été identifiée comme un mâle et rebaptisée « Alice Cooper » (!).

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