Redécouvrir la perruche ondulée

CVersaillesPar Claire Versailles

Note : D’abord publié dans la revue Traits de plumes (vol. 14 no 1, 2008), cet article est reproduit avec l’aimable permission de l’AQAP (Association québécoise des amateurs de perroquets).

Dans un article intitulé « La perruche ondulée, le plus populaire de tous les perroquets », publié sur le site Internet du Centre Aviaire Johanne Vaillancourt, Mme Vaillancourt fait des commentaires si élogieux concernant l’ondulée que plusieurs pourraient conclure à une quelconque exagération, d’autant plus que ce texte ne comporte AUCUN commentaire négatif, ce qui semble pour le moins suspect… Son auteure avoue même « qu’il est très difficile de tenter de trouver un défaut à ce parfait petit compagnon… »

Notre ondulée Babi (Ti-Babi), un mâle né aux alentours de septembre 2005, est entrée chez nous – deux humains retraités, homme et femme – en mars 2006.

Nous allons donc comparer certaines des affirmations de Mme Vaillancourt avec notre propre expérience, tout en respectant la chronologie des propos d’origine.

« Pas bruyant »
Un premier point très important, sachant qu’un problème de « bruit » peut facilement détruire l’harmonie d’un foyer. Babi émet bien quelques appels et vocalises de temps à autre, mais pas de cris ni de forts décibels. En fait, rien qui puisse troubler le calme de la maison.

« Ne fait pratiquement pas de dégâts »
Notre petite « serinus mozambicus », un pinson dont la taille est environ le tiers de celle de Babi, fait plus de dégâts que ce dernier : ai-je besoin d’en dire plus ? (Les fientes de la perruche sont nombreuses, mais elles sont bien formées et s’assèchent en très peu de temps, facilitant grandement le contrôle de propreté des lieux…)

« Sa morsure n’effraie personne »
Il y a bien un ou deux enfants sous la barre des 10 ans qui ont déjà craint le petit hameçon crochu de Babi… Mais est-ce que ça compte, ça ?

« Curieuse (très), inquisitrice »
La curiosité et le désir de connaître et d’apprendre sont évidents dans le comportement de Babi depuis sa tendre enfance, et il est donc relativement facile de l’initier à de nouveaux jouets et jeux, nourritures, etc. Cependant, il est de nature prudente et ne se laisse pas facilement prendre au dépourvu.

« Énergique, enjouée, active »
Notre Babi (33,6 g) réussit à voler (même par-dessus la table de la salle à dîner) avec sa balle à grelot de 4 g dont la dimension est d’environ la moitié de l’oiseau.

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Son goût pour le jeu est débordant et l’ennui lui est étranger. Il s’active du matin au soir et s’efforce de sortir le plus grand nombre de jouets possible ; même lorsque le plancher en est jonché, il va fouiller dans ses contenants pour en trouver d’autres qu’il lance à leur tour. Il préfère les « balles » avant tout, mais il s’intéresse à une multitude d’autres jouets, qu’il peut manipuler ou qui sont attachés à ses perchoirs. Tout cela est contenu dans ce que nous appelons son « Babiland ». Plusieurs diront que notre perruche est « gâtée ». Elle l’est sans contredit, mais la médaille a toujours deux faces : parce que Ti-Babi jouit d’un Babiland très bien garni (« amovible », en cas de visite de la reine ou autre), il ne s’est JAMAIS posé sur un de nos cadres, ne gruge pas nos portes ni nos bibelots, et montre, somme toute, très peu d’intérêt pour NOS choses. Quoi de plus logique : les siennes sont tellement plus intéressantes ! C’est ainsi que nous croyons avoir atteint un excellent équilibre entre le confort « aviaire » et le confort « humain »…

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« Amicale et attachante »
Ti-Babi a une nature si affectueuse qu’il nécessite, sans exagération, un minimum d’environ 500 bisous par jour ; qu’il vienne pour en donner ou en quêter, ça lui en prend ! Ce qui est merveilleux, c’est qu’il n’affiche pas de préférence pour l’un ou l’autre de ses deux humains, et démontre sans cesse son amitié et son attachement pour les deux.

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« Très sociable…, aime et a besoin d’interactions avec son groupe social…, apprécie particulièrement l’attention que lui procure l’entraînement aux tours et trucs »
Au fil des semaines et des mois, nous avons constaté que Babi se « nourrissait » littéralement des interactions que nous lui procurions et que le développement de son potentiel n’en était qu’accéléré. Nous évitons de qualifier ces entraînements de « tours » ou de « trucs », car ils ne sont pas destinés à « épater » : il s’agit plutôt d’inventer toutes sortes de petits problèmes à résoudre et quantités de jeux qui stimulent la matière grise et/ou développent les habiletés physiques de l’oiseau. Ses façons de relever les défis et les solutions qu’il apporte aux problématiques sont toujours très intéressantes à observer. Sa mémoire est infaillible et, à partir du moment où il a trouvé un moyen qui fonctionne, il ne l’oublie pas de sitôt !

« Une réelle facilité à l’apprentissage du langage »
Lorsque Babi eut acquis un vocabulaire tout à fait respectable en français (80 à 100 mots), nous avons tenté une expérience : pourrait-il également maîtriser l’anglais comme langue seconde ? La réponse est un « oui » emphatique : à la fin de novembre 2007, Babi avait plus de 20 mots extraits de la langue de Shakespeare et conversait aisément dans l’une ou l’autre langue. Il fait même la différence dans son propre prénom, qu’il prononce avec l’accent sur la première syllabe en anglais (« BAbi »), et sur la seconde en français (« BaBI »). En outre, nous avions déjà remarqué que Babi semblait posséder un intrigant sens inné de la « syntaxe » (qui mériterait d’être analysé par des experts), et nous n’avons pas été surpris d’apprendre que des scientifiques avaient décelé en 2006 des aptitudes analogues chez certains oiseaux chanteurs (voir, par exemple, « The Birds and the B’s – Challenging Chomsky, Starlings Learn ‘Human-Only’ Syntax Patterns », http://¬ucsdnews.ucsd.edu/newsrel/soc/gentner_starling06.asp). Cependant, il faut mentionner que Babi ne s’intéresse qu’au langage et n’accorde aucune importance aux autres sons et bruits présents dans son environnement. Dans le même ordre d’idées, toutefois, l’anecdote suivante est également révélatrice : ayant enseigné à Babi son numéro de téléphone (331-7671), quelle ne fut pas notre surprise de l’entendre subséquemment faire toutes sortes d’inversions et de combinaisons différentes avec les quatre chiffres dont est composé ce numéro (371-6731, 761-7631, etc.) ; il y ajoute même parfois un « deux » (332-7671), chiffre qu’il a appris dans ses jeux (« deux balles », « deux perchoirs »). Comment fait-il pour faire la différence entre un « chiffre » et un « mot » ? Mystère et boule de gomme…

« L’élégance et la précision de son vol »
Babi passe la majeure partie de sa journée (9h00 à 17h00) en liberté dans l’une ou l’autre des deux pièces de la maison où il est autorisé à l’être (il ne séjourne dans les autres pièces que dans sa cage). C’est un oiseau extrêmement « physique » qui maîtrise parfaitement toutes sortes de vols acrobatiques et qui, surtout, effectue des atterrissages spectaculaires. Comme il préfère nettement jouer sur le plancher, il n’est pas rare de le voir se lancer en kamikaze vers le sol et atterrir avec une glissade théâtrale, les pattes écartées. Malgré cette prédilection pour le vol, Babi adore courir au sol : en avant, en arrière ou sur quelque côté que ce soit, il se déplace en course avec une rapidité surprenante.

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Avant de conclure, il convient de souligner une autre caractéristique positive qui n’a pas été relevée dans l’article de Mme Vaillancourt : une capacité d’adaptation phénoménale qui nous simplifie beaucoup la vie. Babi s’adapte aux situations nouvelles et/ou inusitées avec une aisance déconcertante. Lorsqu’il sort en visite, son comportement est toujours exemplaire. Le faire entrer dans sa cage est la chose la plus aisée du monde. S’il est contraint de passer la majorité de son temps dans sa cage pendant plusieurs jours d’affilée (tout à fait contraire à ses habitudes) – par exemple, lorsqu’il nous accompagne en vacances – il n’émet aucune plainte et tire le maximum de cette situation. Sa bonne humeur en tout temps est franchement contagieuse. Bref, c’est vraiment le « parfait petit compagnon » et nous sommes bien en peine de lui trouver un défaut digne de mention. Il est, tout simplement, « un amour de Babi » ou « un Babi d’amour » !

On ne pourrait trouver meilleure conclusion à ce compte rendu que celle qui termine l’article de Mme Vaillancourt : « L’intelligence de la perruche ondulée, sa vivacité ainsi que sa multitude de talents naturels en font vraiment le plus désirable des compagnons qui soit. Malgré sa petite taille et son prix dérisoire, elle mérite le respect dû aux grands. »

NDA (août 2013) : Bien qu’il soit décédé le 3 décembre 2012, Babi revit quotidiennement à travers ses nombreuses vidéos disponibles sur You Tube (visionner un exemple).

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